... UNE FEMME FRANCAISE EN ALLEMAGNE...
Après les copains qui deviennent parents et l'horloge biologique qui continue à veiller à ce que je ne perde pas de vue l'objectif "bébé" pour les prochaines années, d'autres facteurs me projettent dans un avenir plus ou moins proche... ou me donnent des visions:
Cette année, c'est mariage sur mariage. Je ne suis pas systématiquement invitée, mais de savoir que des gens que je connais bien se marient me rappelle à ma situation de jeune-femme-bien-partie-dans-la-réalisation-de-ce-projet-là-aussi.
D'un côté c'est sympa d'imaginer mon copain qui me fait une demande, ou alors la fiesta du mariage, ou alors la bague à mon doigt et au sien quand on est serrés l'un contre l'autre, d'un autre côté c'est un peu ridicule. Kitsch.
De nos jours, ici, on n'a pas besoin de se marier pour faire avancer un couple et l'amour éternel à la "et il se marièrent et vécurent heureux jusqu'à la fin de leurs jours" est une illusion désuète.
Pourtant, je me plais à y croire, à rêvasser et laisser traîner mes fantasmes de jeune occidentale élevée aux contes de fées et autres comédies romantiques.
L'amour rend peut-être aveugle, mais j'ai pourtant l'impression de ne jamais avoir eu une vision aussi claire des choses. Je n'idéalise pas mon copain, mais je l'admire pour tout ce qui me plaît chez lui et me fait me sentir bien. Je reconnais aussi ses faiblesses et les acceptent sans concession. Je le vois comme quelqu'un capable de choisir une femme et de fonder une famille avec elle, en prenant sur soi dans les moments difficiles. Je le sens capable de ne pas prendre la fuite pendant les périodes de doute ou de difficulté. Je l'imagine bien comme vieux pépé content de sa mémé, de ses enfants et de ses petits enfants, tout simplement. Quelqu'un aux aspirations simples et pas si irréalistes que le pessimisme social à la mode le laisserait entendre.
J'aime l'idée d'un avenir construit autour de l'essentiel, sans laisser de côté les petits avantages de la vie moderne. Une vie où faire des concessions ne signifie pas forcément être frustré. Où on accepte qu'on ne peut pas tout avoir, en tout cas pas tout en même temps.
Nan là, je suis sereine. Qui l'aurait crû il y a quelques années encore?!
Aujourd'hui je suis tombée sur un album que m'avait passé le berlinois. Je l'ai écouté plusieurs fois. Et je me suis retrouvée dans l'ambiance... avec lui.
Je me suis fait surprendre par une certaine nostalgie, plus amère que douce. Rien que d'y repenser j'en ai les larmes aux yeux. Ca me fait encore mal de le savoir mal. Je sais qu'il va mieux, mais j'ai mal quand même.
Solitude oblige (trois semaines en déplacement dans la campagne bavaroise), je l'ai appelé. Je pense qu'il avait lui aussi attendu de mes nouvelles puisqu'on avait échangé quelques messages après mon anniversaire.
L'échange était plutôt décontracté et vraiment sympa. ... Bien qu'il ait encore répété: "Mais j'ai changé!", qu'il ait à nouveau évoqué le bon vieux temps où je lui faisais des bons petits plats, et qu'il m'ait proposé qu'on aille boire un café ensemble quand je serai de retour à Berlin.
Je l'ai senti encore séduit. Je ne veux toujours pas lui faire croire à une chance qu'on se remette ensemble.
Bam. Ca y est, j'ai de nouveau les larmes aux yeux. C'est con quand même de souffrir par amour... Putain d'instinct maternel à la con.
J'ai sous-entendu que ne n'allais sans doute pas accepter son invitation à aller boire un café.
Je pense que ca ferait plus de mal que de bien, à lui comme à moi.
En attendant je suis contente de lui avoir parlé, de savoir comment il va et ce qu'il fait en ce moment, quels sont ses projets.
Je sais qu'il est là et il sait que je suis là. C'est déjà ca...
Grâce à la messagerie instantanée, j'ai enfin réussi à suggérer à mon copain que je songeais à passer à l'étape suivante avec lui: emménager ensemble.
Je le laisse réfléchir à ça de son côté, en espérant qu'il amènera le sujet à nouveau quand il aura décidé de quelque chose.
En tout cas, ça n'a eu l'air ni de le surprendre, ni de le refroidir... A méditer, donc...
Je viens de rêver que j'avais cédé à la tentation avec une connaissance qui me faisait du rentre-dedans il y a pas si longtemps. Mais même en rêve, ma mauvaise conscience est intervenue:
L'irréparable ayant été commis, mon copain a déboulé dans la pièce. Nous tentions de faire passer la séance par un cours particulier de yoga, mais mon copain avait l'air plus que sceptique. Il n'a cependant pas eu l'occasion de faire une scène dans mon rêve puisque son SMS m'a réveillée.
Revenue dans le monde des (r)éveillés, j'ai réfléchi à cette histoire. Dans mon rêve, lorsque je m'étais posée la question "Est-ce que ça vaut le coût?", je m'étais rejoué l'état émotionnel que j'avais connu le jour où je me suis laissée tentée par le berlinois avant d'avoir mis fin à ma relation avec l'architecte, laissé à Weimar.
Dans mon rêve il ne s'agissait pas seulement d'un baiser, mais j'avais quand même cédé, malgré la probabilité forte d'une irruption de mon copain.
Maintenant que j'y réfléchis en toute conscience, je me trouve bien conne d'avoir cédé dans mon rêve (même si ça n'était qu'un rêve). Mais j'imagine que je suis susceptible de me retrouver effectivement dans une situation similaire et choisir le bellâtre qui joue avec mes nerfs plutôt que l'homme parfait...
Je pense que ça ne mange pas de pain de me préparer psychologiquement à cette éventualité pour éviter de prendre une décision que je regretterai par la suite car prise sous le coup d'un shoot d'hormones.
Mais vu que je ne suis toujours pas dans le doute avec mon copain, je pense que cette problématique ne devrait pas me poursuivre de sitôt. Dès le début de ma relation avec l'architecte en revanche, j'avais de grosses interrogations vis-à-vis de lui. Le berlinois m'a juste montré que je ne recherchais pas monsieur "époux et père parfait". Avec le berlinois je me suis aperçue que je recherchais quand même plus que quelqu'un avec qui je passe des moments intenses mais avec qui je ne pourrais rien construire.
Là j'ai rencontré quelqu'un qui non seulement secoue mes hormones, mais me fais rêvasser à une vie de famille épanouie et harmonieuse.
Mouarf. Bientôt un an-et-demi.
Malheureusement, à moins de faire chambre commune, pas moyen d'habiter à deux dans mon appart. La petite pièce est vraiment trop petite pour que je m'y installe. Dommage. Sur le papier, les meubles rentrent effectivement tous, mais j'aurais l'impression de vivre dans un cagibi. Tant pis!
Vivement que je sache où et quand je vais travailler à l'avenir, histoire de réorienter le projet "vie commune". Je pense qu'il s'agira de toute façon de chercher un appart ensemble à Berlin dans un premier temps. Tant pis pour mes économies de loyer d'ici là.
Je viens d'être livrée de mon dernier meuble à monter. Sauf que je n'ai toujours pas terminé d'organiser la petite pièce de mon appart pour la rendre habitable... et proposer à mon copain de prendre la grande pièce. Ca avance tout doucement, mais j'ai pas que ça à faire de monter des meubles, les agencer, les remplir, organiser des luminaires... bref ça me prend une énergie et un temps fous...
... sans garantie de résultat. Si mon copain me dit "non", je me serais casser la tête (et le compte en banque) pour rien ou presque. Disons que les dépenses que je n'avais pas encore faites arrivent au mauvais moment. Mais d'un autre côté, c'est maintenant que je passe la majeure partie de mon temps à la maison que 1) ça vaut le coup de faire en sorte que mon appart soit ordonné et agréable; 2) il m'est facile d'être à la maison pour me faire livrer des choses, plutôt que de prendre un jour de congé pour ça e/ou organiser une camionnette pour une expédition Ikea & co.
Je suppose que mon copain se doute de quelque chose. J'espère quelque part. Comme ça il y aura déjà réfléchi quand je lui demanderai.
C'est marrant comme je m'obstine à choisir la difficulté. En France, ce genre de questions est amenée apparemment naturellement et rapidement de part et d'autre. Ici, même lorsqu'on sent que ça va durer, les couples gardent leurs distances à tout point vue. C'est épuisant, c'est clair. Mais serai-je plus heureuse avec un français? J'en doute!!!
Allez hop! On se motive! Plan d'attaque de l'après-midi:
1) lettre de motivation + CV pour ma candidature de la semaine,
2) déballage de cartons et rangement de la petite pièce,
3) sport,
4) visite de copain en guise de récompense.
Bon, il est temps de m'y remettre!
Je ne sais pas trop pourquoi, mais aujourd'hui j'ai envie de nouvelles de mes ex.
J'ai envoyé un mail à mon ex berlinois, je voulais envoyer un petit mot à mon premier amour, je me suis rappelée que j'avais oublié l'anniversaire de mon ex de Weimar, je suis en train d'écouter la musique de mon ex français...
Peut-être parce que je suis sur le point de demander à mon copain d'emménager avec moi.
Bye bye boys. Take care.